L’impact de l’UE sur les droits des minorités en Serbie – Interview with Lana Rackovic

Étudiante associée au CEUE, Lana Rackovic est candidate à la maitrise et vient tout juste de soumettre son travail dirigé. Elle continue son étude des minorités et de la gestion de la diversité, sous un autre angle, en poursuivant des études en droit à McGill.



Sur quoi porte votre recherche ?

Ma recherche porte sur le régime des droits minoritaires en Serbie dans un contexte d’adhésion à l’Union européenne. Ayant constaté une incohérence dans l’évaluation du régime serbe des droits des minorités dans la littérature, je me suis questionnée à savoir si l’inadaptation de celui-ci pouvait être expliquée dans son élaboration, moment auquel les minorités nationales n’ont peut-être pas inclus de manière adéquate et où le phénomène de conditionnalité européenne a pu jouer un rôle important chez les acteurs politiques. En effet, étant officiellement candidate à l’adhésion, la Serbie se voit exposée à de nouvelles normes provenant de l’UE, qu’elle devra adopter pour devenir membre à part entière.

Quel matériau utilisez-vous ?

Mon projet de recherche se composait d’une partie empirique, ce qui a requis une analyse de débats parlementaires pour étudier les positions des acteurs politiques en place par rapport à l’adhésion européenne. Une seconde partie portait sur les demandes des minorités nationales en Serbie. En l’absence de revendications formulées directement par les minorités, j’ai fait appel à l’étude qualitative d’articles de journaux afin de comprendre si des demandes ont été véhiculées ou non.

Vous étudiez l’Union européenne depuis le Canada, quels sont les atouts et les défis de cette posture ?

Étudier l’UE depuis le Canada nous donne nécessairement une perspective externe au phénomène et nous permet de nous ancrer dans une méthode comparative plus facilement, ce qui ne peut qu’enrichir notre analyse. Cependant, il est certain que certaines données sont plus accessibles sur le terrain, mon cas ne faisant pas exception à cette situation.

Quel conseil donneriez-vous à un(e) étudiant(e) qui débute sa recherche sur l’Union européenne ?

Bien qu’étudiée de toutes parts, l’Union européenne reste un phénomène mystérieux dont on ne connaît pas toutes les ramifications et les implications. Étant principalement intéressée par la gestion de la diversité, les questions de nationalismes et nations, je ne croyais pas que cette institution pouvait avoir un impact aussi perceptible sur ces questions. Malgré le fait qu’il est important de ne pas surestimer son impact ou sa présence, l’Union européenne apporte, à mon avis, une nouvelle teinte à toutes sortes de problématiques dont se saisissent les sciences sociales. Cette teinte « européenne » est parfois même visible en dehors du territoire européen. Restez curieux et ouverts d’esprit, l’UE est beaucoup plus qu’une simple machine bureaucratique…

Posted in Research Briefs